Le Bushido

(NB : Le Bushido, qui se traduit avec plus ou moins de bonheur par "la voie du guerrier", désigne en fait une série d’ouvrages et de principes théorisés pendant le 12ème siècle et mis par écrit pendant la période Tokugawa au Japon. En effet, pour une fois le pays est en paix au début du 17ème siècle, et le samouraï est autant un soldat qu’un professeur, philosophe ou bureaucrate. Le Bushido est donc une référence qui va aider le samouraï à être efficace dans le côté le plus difficile et crucial de son poste : la prise de décisions. L’interprétation suivante est tirée du "Shoshushin No Bushido", un ouvrage destiné aux jeunes samouraïs en formation.)

Dévotion Filliale (Ko) :

Aussi vrai que le samouraï ne pense pas au lendemain, il pense cependant à l’avenir et au long terme. Il est donc de son devoir de se dévouer à ceux qui, avant lui, ont construit le monde dans lequel il évolue aujourd’hui. Il doit ainsi rendre grâce aux Kamis, à ses ancêtres, vivants ou morts, et perdurer la tradition familiale. Un jour, peut-être, ce sera au samouraï lui-même de se faire rendre hommage, et ce jour là, il récoltera ce qu’il a semé en bâtissant le monde pour les générations suivantes.


Sincérité (Shin) :

Si quelqu’un n’est pas sincère en toute chose, et construit son devenir sur le mensonge et la malice, sa vie et celle de son entourage ne sera qu’une maison de paille, facilement détruite par le vent de la vérité. Même en pensant à bien faire, se reposer sur le mensonge ne fera que répandre malheurs autours de soi lorsque la maison de paille volera en éclats. Celui qui est sincère et fidèle à ses convictions en toutes occasions protégera ainsi au mieux ses proches et se révèlera moins hésitant pour les décisions cruciales.


Bienveillance (Tei) :

A grand pouvoir, grande responsabilité. Il est du rôle du samouraï de veiller sur ceux qui sont au-dessous de lui. Il s’établi un rapport entre maître et vassal qui veut que l’un ait besoin de l’autre pour coexister en paix.


Sagesse (Chi) :

Au début, le samouraï doit conquérir la voie de la guerre en maîtrisant l’épée dans sa main. Puis, son idéal vient à faire exister l’épée dans son cœur, et absente de sa main. Celui qui atteint le but ultime de la voie de la guerre, là où l’épée n’existe plus ni dans le cœur ni dans la main du samuraï deviendra le seigneur le plus accompli et le plus à même de décider du destin d’une nation.


Sympathie (Jin) :

Celui qui prête une oreille attentive et vit en paix avec le reste du monde vit en paix avec lui-même. Il n’y a que lorsque le samouraï est en paix avec soi-même et le reste du monde qu’il est à même d’accomplir son but.


Respect (Rei) :

Sur le respect mutuel se base la confiance. S’il n’y a pas de respect, pas de confiance et sans confiance, le chaos. Dans le chaos ressort tout ce qui est futile, et la futilité pose des bases fragiles pour l’avenir.


Absolue Loyauté (Chu) :

Un samouraï pense toujours à la mort. Ce n’est qu’en y pensant toujours qu’il saura tuer son ego, qui le limite en tout. Celui qui n’est pas prêt à se sacrifier pour les autres et pour son seigneur, celui qui a peur de la mort échouera au moment de vérité, et trahira la confiance que tout le monde lui porte. Celui qui n’accorde pas non plus d’importance à sa vie ne sera jamais constructif. La loyauté permet ainsi de tracer une ligne nette entre la vie et la mort, permettant au samouraï d’oublier les projets futiles du lendemain pour avoir une vision d’ensemble des projets futurs.


Honneur (Gi) :

Le plus difficile des principes à appliquer, car il faut absolument avoir compris les sept autres principes pour vivre ce dernier. L’honneur est le lien entre les gens ; celui qui trahit son éthique déshonore ses proches. Tout un chacun porte donc la responsabilité de la vie de ceux qui sont autours de lui, au-dessus comme au-dessous, et c’est en cela que l’honneur est sublime, que l’honneur transcende la voie de la guerre.